Diptyque 5.4

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mardi 1 juin 2010

J'ai fait la peau au 5.4 à minuit

J'espère que personne n'aura de regret… mais il fallait bien en finir.

1. Cette semaine, il fallait inventer l'histoire de la photo de Michel Clair.
Et cela a donné des textes fort intéressants.

- Playing for a hat full of nothing, par K

- Je rêve que je rêve... , par l'Impatiente

- La nostalgie du cow-boy !, par Julio

- Rendez-vous, par Lyjazz

- Game over, par Bladsurb

La fête, par Anna

- Cessez le feu, par Samantdi

- Le verre cassé, par Akynou

2. Il fallait illustrer le texte de Samantdi

Dans mon jardinvague, il n’y a rien de tout cela : la terre est basse et l’herbe pousse à une vitesse folle. Et puis, je vais vous dire un secret : je crois bien que je n’aime pas jardiner ! C’est fatigant et pas aussi drôle que dans mes souvenirs d’enfant.

Ce que j’aime surtout, c’est m’amuser dans mon jardin, me coucher dans l’herbe, regarder les coquelicots et les boutons d’or pousser dans les herbes hautes et m’imaginer des histoires le nez au ras des taupinières.

Vues de là, Nini et Minette sont de gros félins et nous sommes des aventurières dans la jungle.

Au jardin, je ne suis plus du tout sûre d’être devenue une adulte.


S'y sont collés
- Jardin d'enfance, par Anne

- Petite, par Luce

- Jardin intérieur, par une Impatiente

- La jungle et la coccinelle, par Otir

- Je fais du jardinage, mais pas que ça !, par Julio

- LIKE THE COLOR WHEN THE SPRING IS BORN, par K

- bord du gave, par Lyjazz

- Jardin commun, par Bladsurb

- Jardinons un minimum, par Akynou

Jardinons un minimum, par Akynou

Depuis que je vis à Tours, j’ai un jardinet, un jardin de none dit un ami. Et il me convient très bien car j’ai un minimum de choses à y faire. Reste un gros point noir. Une espèce d’allée centrale anciennement encailloutée dont les graviers se sont mélangés à la terre. C’est devenu n’importe quoi. J’aurais aimé y mettre des galets qui laisseraient pousser l’herbe entre leurs jointures imparfaites. Mais on ne trouve pas des galets sous le sabots d’un cheval par ici. Nous avons donc commencé par l’herbe. Ainsi, Garance a semé les graines hier après avoir consciencieusement bêcher le sol.

Tout ce travail parce que nous aimerions faire comme Samantdi

Dans mon jardinvague, il n’y a rien de tout cela : la terre est basse et l’herbe pousse à une vitesse folle. Et puis, je vais vous dire un secret : je crois bien que je n’aime pas jardiner ! C’est fatigant et pas aussi drôle que dans mes souvenirs d’enfant.
Ce que j’aime surtout, c’est m’amuser dans mon jardin, me coucher dans l’herbe, regarder les coquelicots et les boutons d’or pousser dans les herbes hautes et m’imaginer des histoires le nez au ras des taupinières.
Vues de là, Nini et Minette sont de gros félins et nous sommes des aventurières dans la jungle.

Au jardin, je ne suis plus du tout sûre d’être devenue une adulte.

Ceci est bien entendu ma participation au diptyque 5.4, l’illustration du texte de Samantdi ci-dessus. Akynou

jardin commun, par Bladsurb

Dans mon jardinvague, il n’y a rien de tout cela : la terre est basse et l’herbe pousse à une vitesse folle. Et puis, je vais vous dire un secret : je crois bien que je n’aime pas jardiner ! C’est fatigant et pas aussi drôle que dans mes souvenirs d’enfant.
Ce que j’aime surtout, c’est m’amuser dans mon jardin, me coucher dans l’herbe, regarder les coquelicots et les boutons d’or pousser dans les herbes hautes et m’imaginer des histoires le nez au ras des taupinières.
Vues de là, Nini et Minette sont de gros félins et nous sommes des aventurières dans la jungle.

Au jardin, je ne suis plus du tout sûre d’être devenue une adulte.
Samantdi



jardin commun

Si je voulais jardiner, voilà où j'aurais peut-être droit à quelques chiches mètres carrés. Mais comme même enfant, je n'ai jamais trouvé ça amusant, ne pas pouvoir jardiner en m'installant à Paris était un renoncement facile !

Ceci est la participation de Bladsurb à la session 5.4 du diptyque

bord du gave, par Lyjazz

Lyjazz illustre ainsi un texte de Samantdi :

Dans mon jardinvague, il n’y a rien de tout cela : la terre est basse et l’herbe pousse à une vitesse folle. Et puis, je vais vous dire un secret : je crois bien que je n’aime pas jardiner ! C’est fatigant et pas aussi drôle que dans mes souvenirs d’enfant. Ce que j’aime surtout, c’est m’amuser dans mon jardin, me coucher dans l’herbe, regarder les coquelicots et les boutons d’or pousser dans les herbes hautes et m’imaginer des histoires le nez au ras des taupinières. Vues de là, Nini et Minette sont de gros félins et nous sommes des aventurières dans la jungle.

Au jardin, je ne suis plus du tout sûre d’être devenue une adulte.

ooo

Ici en appartement, point de jardin, mais un jardinvague au bout du parking. Mes garçons le voient comme ça :

Mais ils jouent surtout au bord du gave où nous allons assez souvent :

ça peut être aussi une promenade dans les bois et les jeux dans les lianes :

IMGP8730.JPG

LIKE THE COLOR WHEN THE SPRING IS BORN, par K

Dans mon jardinvague, il n’y a rien de tout cela :

la terre est basse et l’herbe pousse à une vitesse folle.

Et puis, je vais vous dire un secret : je crois bien que je n’aime pas jardiner !

DSC_0038

C’est fatigant et pas aussi drôle que dans mes souvenirs d’enfant.
Ce que j’aime surtout, c’est m’amuser dans mon jardin, me coucher dans l’herbe,

regarder les coquelicots et les boutons d’or pousser dans les herbes hautes et

m’imaginer des histoires le nez au ras des taupinières.

DSC_0018

Vues de là, Nini et Minette sont de gros félins et nous sommes des aventurières dans la jungle.

chatte

Au jardin, je ne suis plus du tout sûre d’être devenue une adulte.

***

(Ceci est la participation de K au diptyque 5.4 d'Akynou. Le texte est de Samantdi )

Je fais du jardinage, mais pas que ça !, par Julio

Je fais du jardinage, mais pas que ça !

1. le texte à illustrer est extrait d’un billet de Samantdi (eh oui, on reste du coté de Toulouse). Elle a depuis peu un jardin mais ne se découvre pas pour autant la main verte…

Dans mon jardinvague, il n’y a rien de tout cela : la terre est basse et l’herbe pousse à une vitesse folle. Et puis, je vais vous dire un secret : je crois bien que je n’aime pas jardiner ! C’est fatigant et pas aussi drôle que dans mes souvenirs d’enfant.
Ce que j’aime surtout, c’est m’amuser dans mon jardin, me coucher dans l’herbe, regarder les coquelicots et les boutons d’or pousser dans les herbes hautes et m’imaginer des histoires le nez au ras des taupinières.
Vues de là, Nini et Minette sont de gros félins et nous sommes des aventurières dans la jungle.
Au jardin, je ne suis plus du tout sûre d’être devenue une adulte.

Photo de Julio

La jungle et la coccinelle, par Otir

La jungle et la coccinelle from Otir on Vimeo.

Dans mon jardinvague, il n'y a rien de tout cela : la terre est basse et l'herbe pousse à une vitesse folle. Et puis, je vais vous dire un secret : je crois bien que je n'aime pas jardiner ! C'est fatigant et pas aussi drôle que dans mes souvenirs d'enfant.
Ce que j'aime surtout, c'est m'amuser dans mon jardin, me coucher dans l'herbe, regarder les coquelicots et les boutons d'or pousser dans les herbes hautes et m'imaginer des histoires le nez au ras des taupinières.
Vues de là, Nini et Minette sont de gros félins et nous sommes des aventurières dans la jungle.

Au jardin, je ne suis plus du tout sûre d'être devenue une adulte.



Sur un texte de Samantdi, pour le dyptique 5.4 d'Akynou
Otir

Jardin intérieur, par une Impatiente

"Dans mon jardinvague, il n’y a rien de tout cela : la terre est basse et l’herbe pousse à une vitesse folle. Et puis, je vais vous dire un secret : je crois bien que je n’aime pas jardiner ! C’est fatigant et pas aussi drôle que dans mes souvenirs d’enfant.

Ce que j’aime surtout, c’est m’amuser dans mon jardin, me coucher dans l’herbe, regarder les coquelicots et les boutons d’or pousser dans les herbes hautes et m’imaginer des histoires le nez au ras des taupinières.

Vues de là, Nini et Minette sont de gros félins et nous sommes des aventurières dans la jungle.

Au jardin, je ne suis plus du tout sûre d’être devenue une adulte."


Ceci est ma toute première participation aux dyptiques  d'Akynou qui m'ont si longtemps fait réver.

Il fallait illustrer un texte de Samantdi

Cette photo à été prise dans les pyrénnées Ariègeoises, au bord d'un lac après la sieste....

Une impatiente

Petite, par Luce


Dans mon jardinvague, il n’y a rien de tout cela : la terre est basse et l’herbe pousse à une vitesse folle. Et puis, je vais vous dire un secret : je crois bien que je n’aime pas jardiner ! C’est fatigant et pas aussi drôle que dans mes souvenirs d’enfant.

Ce que j’aime surtout, c’est m’amuser dans mon jardin, me coucher dans l’herbe, regarder les coquelicots et les boutons d’or pousser dans les herbes hautes et m’imaginer des histoires le nez au ras des taupinières. Vues de là, Nini et Minette sont de gros félins et nous sommes des aventurières dans la jungle.

Au jardin, je ne suis plus du tout sûre d’être devenue une adulte.

Il s'agit d'illustrer ce texte de samantdi avec une photo. Sur celle ci je dois être dans ma troisième année, à peine plus jeune que ma fille actuellement. C'est Chiboum qui m'a donné l'envie de publier cette photo

Luce

lundi 31 mai 2010

Jardin d'enfance, par Abbe

Dans mon jardinvague, il n’y a rien de tout cela : la terre est basse et l’herbe pousse à une vitesse folle. Et puis, je vais vous dire un secret : je crois bien que je n’aime pas jardiner ! C’est fatigant et pas aussi drôle que dans mes souvenirs d’enfant.

Ce que j’aime surtout, c’est m’amuser dans mon jardin, me coucher dans l’herbe, regarder les coquelicots et les boutons d’or pousser dans les herbes hautes et m’imaginer des histoires le nez au ras des taupinières.

Vues de là, Nini et Minette sont de gros félins et nous sommes des aventurières dans la jungle.

Au jardin, je ne suis plus du tout sûre d’être devenue une adulte.

 

(Avec mon papy, jardin de la maison dans l'Yonne. Sans doute vers 4 ans, à l'âge de ma fille aujourd'hui).

Ceci est ma participation au dyptique 5.4 d'Akynou, version : illustrer le texte qui est cette semaine de Samantdi

Anne

Le verre cassé, par Akynou

Nous étions dans ce petit bar du barrio chino barcelonais, celui d'avant la reconstruction et des jeux Olympique. Un petit bar de rien du tout, entièrement rouge, dont le décor n'avait pas bougé depuis une vingtaine d'année, quand le patron avait cassé sa pipe. Des vieilles bouteilles pleines de poussières, des tableaux copiant Toulouse Lautrec, un vieux gramophone et une bande sonore qui passait du Piaf à longueur de soirée. La petite vieille, derrière le comptoir, servait des pastis et un vin de sa fabrication qui auraient rendu alcoolique un mormon pratiquant tant ils étaient bons.

C'était un tout petit bar, avec quelques tables seulement, nous nous pressions près du comptoir ou, aux beaux jours, nous sortions avec nos verres dehors et ne rentrions que pour les remplir à nouveaux. Nous étions jeunes, nous étions beaux, et nous étions des borrachos. Et la patronne nous rabrouait trop impatients que nous étions d'être servis.

C'était un tout petit bar où nous allions souvent, nous les étudiants de la faculté de droit.

C'était un tout petit bar et nous étions des étudiants, insouciants, aimant boire, rire, chanter et courir les jolies filles. Et la patronne, derrière sa grande gueule cachait un bon cœur.

C'était un tout petit bar au murs rouge sang.

Un soir, il est entré comme ça. On ne l'avait jamais vu avant. Il est arrivé, sans prévenir. Juste, il était là. Il s'est installé dans un coin de la salle, l'air accablé, comme abasourdi, les yeux pleins de fièvre. De la mauvaise fièvre, celle de la jalousie, du doute et du malheur. Il pleurait silencieusement, mais sans s'arrêter. Il pleurait comme un fou. Il pleurait, comme un gosse désespéré, une ingrate qui l'avait abandonné.

Un soir, il est entré en pleurant. Nous ne l'avions jamais vu avant. Il s'est assis les yeux pleins de fièvre, accablé et abasourdi par son malheur. Il pleurait sans pouvoir se retenir, sans pouvoir s'arrêter, sans pouvoir… Il pleurait la tête dans ses bras, posés sur la table, son chapeau de cow boy de travers. Il pleurait une ingrate qui s'était fait la belle.

Un soir il est entré et il s'est assis à la table du fond, les yeux emplis de chagrin et il a commandé un verre que la patronne lui a servi sans rien dire. Puis un autre, puis un autre. Il pleurait comme seuls les fous de malheur peuvent le faire. Alors, lassée de faire l'aller retour ou émue par sa détresse, elle lui a laissé la bouteille.

Avec lui, il n'était pas seul, un autre homme, à peu près du même âge. Qui le tenait par l'épaule. Et tentait de le raisonner. Arrête de boire, lui disait-il. Arrête de boire. Tu es déjà plein comme une outre. Arrête, ça suffit, ça ne la fera pas revenir. Elle s'en fout, elle est partie.

Avec lui, un compagnon, sans doute le meilleur,qui savait tout de lui, de son malheur, qui tentait de retenir ses gestes, ses pleurs, ses verres. Tu ne guériras rien avec des larmes, ni avec des cris, ni avec du vin. Elle est partie,

Avec lui un compagnon, arrête, reprends-toi. Crois-tu que te saouler à mort changera quelque chose ? Crois-tu que le vin te la fera oublier. Mais idiot que tu es regarde-toi ! Au contraire, il avive ta douleur  et ton cœur se souvient d'elle encore plus fort. Ami, je t'en conjure, cesse de gémir, chasse-la de tes pensée.

Avec lui un compagnon que d'un geste brusque il écarta en se levant. Il saisit son verre en hurlant et le mordit avec férocité. Le silence s'était fait dans la salle, nous regardions tous sa bouche en sang, le verre de vin, et le malheur dans ses yeux.

Il saisit son verre et le mordit sauvagement, le cassant d'un coup de mâchoire rageur. Le sang giclait, se mélangeant au vin et nous étions là, muets d'horreur et de peine à le regarder, à voir ses yeux fous, et nous n'osions pas bouger.

Le sang giclait et nous n'osions plus bouger.

Alors, il s'est tourné vers nous, et dans un rictus, il a hurlé

Amis, n'ayez pas peur. Oui ! je me suis coupé les lèvres, mais c'est pour effacer la trace des baisers que m'a donné cette traitresse.

Amis, n'ayez pas peur. Oui ! je déchire ma bouche, je veux tout gommer d'elle jusqu'au souvenir de ses lèvres sur les miennes,
Amis, n'ayez pas peur.

Patronne, sers-moi le vin dans ce verre cassé, sers-moi, parce que je souffre
Patronne, sers-moi encore du vin, parce que cette obsession me détruit et que je veux l'oublier
Patronne, sers-moi encore de ce vin. Je veux boire dans cette coupe cassée
Patronne, sers-moi, je veux saigner, goutte à goutte, le venin de cet amour maudit !



Aturdido y abrumado, por la duda de los celos
se ve triste en la cantina a un borracho ya sin fe
con los nervios destrozados y llorando sin remedio
como un loco atormentado por la ingrata que se fue.

Se ve siempre acompañado del mejor de los amigos
que le acompaña y le dice ya esta bueno de licor,
nada remedia con llanto, nada remedia con vino
al contrario, la recuerda mucho mas tu corazón.

Una noche como un loco, mordió la copa de vino
y le hizo un cortante filo, que su boca destrozo
y la sangre que brotaba, confundiose con el vino
y en la cantina este grito a todos estremeció.

No se apure compañero si me destrozo la boca
no se apure que es que quiero con el filo de esta copa
borrar la huella de un beso, traicionero que me dio.

Mozo, sírveme, la copa rota
sírveme que me destroza, esta fiebre de obsesión.
Mozo, sírvame, la copa rota
quiero sangrar gota a gota, el veneno de su amor.

Il y a des versions meilleures de cette chanson. Notamment celle d'un ami maintenant décédé qui s'appelait Agustin Peiro, mais que je n'ai pas retrouvée. Je pense très fort à lui et je lui dédie ce texte.

Ceci est ma participation au Diptyque 5.4, l'illustration de la photo de Michel Clair

Cessez le feu, par Samantdi

Maintenant, il ne me reste plus qu'à m'endormir, le chapeau sur les yeux, comme un vieux cow-boy revenu de tout.
Ils ont décrété la bonne santé obligatoire et chacun cultive ses navets au crottin de cheval et fabrique son savon aux pétales de coquelicot.
Qu'ils vivent centenaires et s'en étouffent, de leurs cinq fruits et légumes quotidiens !

Ils m'ont effacé des affiches de cinéma, des couvertures de magazines, et, bien sûr, des paquets de cigarettes qui avaient fait ma renommée.
Tant de soirées âpres et de voix éraillées, tant d'odeurs âcres et de petits matins amnésiques ont englouti votre jeunesse et la mienne.
Toutes sous le signe du triangle rouge et blanc.

Vous avez remplacé vos dents jaunies par des couronnes immaculées, celles que l'on pose juste avant le cimetière.
Ils m'ont remplacé par leurs images obscènes de mourants et d'organes monstrueux.
Vous n'ignorez plus que fumer tue.

Mais souvenez-vous que vous mourrez quand même, vous les mangerez par la racine, vous aussi, vos pissenlits. 

 

Ce texte est la participation de Samantdi au diptyque 5.4, il m'a été inspiré par cette photo de Michel Clair

Game over, par Bladsurb


Speak Skin - Plus Rien À Dire
Originally uploaded by michel clair.

Sur ses bras repliés il a posé la tête.
Il rumine, à l'écart, son amère défaite.
Il ne parle à personne, et ses amis s'inquiètent.
Il ne veut plus partir pour de nouvelles quêtes.

Son neveu l'a vaincu à Red Dead Redemption.
Il ne s'est pas remis de cette humiliation.
Et depuis hier soir, il boude la fête.



Ceci est la participation de Bladsurb à la session 5.4 du diptyque d'Akynou.

La fête, par Anna

C’était gentil de leur part, vraiment. Organiser une fête d’anniversaire à la maison pour mes 80 ans, inviter tout le monde, jouer la fiction de la famille unie… C’est pas qu’ils ne s’aiment pas, mais tout de même, je le sais bien que tous nos enfants ne s’entendent pas comme larrons en foire. Ils sont mignons de faire l’effort. Au moins, il y a les petits.

Tiens, en parlant d’eux ! J’en vois deux qui vont en chercher deux autres et encore trois, et qui discutent, tout excités, en montrant un papier. Ils me regardent en coin. On dirait qu’ils aimeraient me demander quelque chose, mais ils n’osent pas trop. Je m’approche doucement, et je leur demande ce qu’ils font.

“Regarde Grand-Mère ! C’est Grand-Père, hein ?”

C’est lui, en effet. Mais qu’est-ce qui les énerve tant dans cette vieille photo ?

“Alors, Grand-Mère, Grand-Père était un cow-boy ?”

Est-ce que je dois leur dire que la photo date de nos trois semaines en Australie, le jour où il a acheté ce chapeau qui doit d’ailleurs traîner aujourd’hui quelque part au grenier, et que c’est moi qui l’ai prise ? On ne doit pas mentir aux enfants. Mais pourquoi faire s’éteindre leurs petites mines pleines d’espoir ?

Je les ai bien regardés, l’un après l’autre, droit dans les yeux. J’ai posé un doigt sur mes lèvres. Chuuuuuuut…



Ce texte est la participation d'Anna au cinquième diptyque d’Akynou, quatrième semaine - il s’agissait d’écrire un texte inspiré par la photo ci-dessus, prise par Michel Clair.

Rendez-vous, par Lyjazz

James et Ilona, pendant cet hiver-là, ont pris plaisir à se retrouver dans la ville. Comme s'ils revivaient des moments précieux de leur jeunesse.

J'ai déjà dit leurs yeux de stupre et leurs doigts fébriles, lorsqu'ils ont renoué.

Rien en commun. Trop de séparation. Trente ans, ce n'est pas rien. Mais le souvenir d'heures douces et intenses, de plaisir de la chair libre et inventif.

Ce qui suffisait à les combler d'aise. Pour l'instant.

Quelques fois ils se sont vus à l'hôtel.

Mais par une fenêtre météo clémente exceptionnelle en ce mois de janvier ils se sont donnés rendez vous dans le bois de sapin vers 14h. Il faisait chaud, le versant était ensoleillé, le tapis d'aiguilles n'était pas confortable. La longue veste en laine d'Ilona posée au sol a servi d'amortisseurs à leurs genoux lorsqu'ils ont décidé de faire l'amour par derrière.

James avait gardé son chapeau aux larges bords et sa veste de cowboy en toile épaisse. Ilona avait juste remonté sa longue jupe.

La marche vers ce coin tranquille, l'idée qu'ils allaient faire l'amour, avaient suffi à les échauffer.

Ils s'étaient embrassés goulument, léchés un peu, frottés contre les arbres. En accord avec la nature. Tous leurs sens en éveil, sensibles à la douceur inespérée de l'air, aux odeurs de résine et d'humus, aux bruits du bois.

James, n'y tenant plus, avait collé la belle Ilona contre le tronc d'un pin, lui avait d'abord enfilé un doigt pour la surprendre, avant de l'empaler de son vit.

La position, quoique délicieusement prometteuse, l'avait vite fatigué.

C'est ainsi qu'il s'étaient retrouvés sur la longue veste dans les aiguilles de pin.

Pour être de nouveau remplie, Ilona avait demandé le quatre pattes. Et les voilà feulant et s'activant, tout à la concentration des sensations en eux, dans le rythme.

Ils avaient d'abord été surpris par la course d'un écureuil.

Puis, à l'acmé, une détonation.

James était tombé. Visage extatique.

Ilona l'avait recouvert de son chapeau. Avait croisé ses mains sur son torse. Tel un cowboy endormi.

Au loin on entendait le train.

Ilona est redescendue seule.

Toutes les histoires sont vraies. Surtout celle-là. Ainsi va la vie.

ooo

Ceci est la participation de Lyjazz au diptyque 5.4. La photo est de Michel Clair dont une précédente photo, utilisée déjà dans un diptyque, lui avait inspiré ce texte.

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