Diptyque 5.1

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mardi 11 mai 2010

Session 1 diptyque 5, clôture et récapitulation

La première session de ce printemps pluvieux s'est achevée la nuit dernière. Il me reste à récapituler les participations extrêmement intéressantes.

1. Il fallait d'abord inventer l'histoire de la photo d'Hughes Léglise-Bataille. Je regarde souvent ses photos. Il a un sacré œil. Notamment pour les manifs. Il est toujours surprenant. Ainsi, cette photo a été prise en 2006 et sa vraie histoire ce sont des touristes qui s'agglutinent à des grilles pour regarder passer la manifestations anti-CPE. Ça mériterait une histoire. A la manière d'un dépliant pour touristes : Paris, ses monuments, ses manifs…

En tout cas, ce cliché a inspiré ceux qui ont participé à cette partie-là du Diptyque.

- C'est parti !, par Samantdi
- L'inspiration, par Anna
- Fuck The Life, par Luce
- Où conduit la dérive sécuritaire, par Julio
- Ah ! Zoo…, par Vent du Nord
- La sortie éducative, par Bladsurb
- I've looked at life from both sides now, par K
- Cyber Future, par Gilsoub
- Fait-divers, par Akynou
- Derrière la grille, par Lyjazz
- Le vaccin, par Franck

2. Et puis il fallait illustrer,par une photo ou autre chose, le texte tiré du blog de Chondre.

J’ai toujours eu un tropisme particulier pour l’écrit, et cela depuis tout petit. Si tout est bon dans le cochon, toutes les occasions sont également bonnes pour lire, ainsi que tous les supports. Bande-dessinées, romans, journaux. J’ai pris l’habitude de lire le journal quotidiennement bien avant mes dix-huit ans. Étudiant à la faculté, Je bénéficiait des distributions gratuites du figaro tous les matin avant de me rendre en cours. J’avais déjà acheté Libération en sortant de chez moi et rachetait le Monde en quittant l’université. On appelle cela une addiction à l’information. Le soir, après avoir passé des heures à lire mes bouquins de cours, je me replongeais dans des textes bien plus distrayants avant de m’endormir, le nez entre deux pages.

- Des journaux gratuits, par Bladsurb
- Diptyque saison 5 première semaine, par Laure
- Diptyque saison 5 première semaine, par Kimanier
- Un tropisme particulier pour l'écrit, par ma pomme
- Fahrenheit 451, par Gilsoub
- figure imposée, le retour, 2e partie, par K

Merci à tous pour votre participation. Et la session 2 est en ligne.










figure imposée, le retour, 2e partie, par K

K dit : J'ai finalement trouvé une proposition "image" à mettre en face de ce texte. (Voir le jeu ici)

Sans Titre ?

J'ai toujours eu un tropisme particulier pour l’écrit, et cela depuis tout petit. Si tout est bon dans le cochon, toutes les occasions sont également bonnes pour lire, ainsi que tous les supports. Bande-dessinées, romans, journaux. J’ai pris l’habitude de lire le journal quotidiennement bien avant mes dix-huit ans. Étudiant à la faculté, Je bénéficiais des distributions gratuites du figaro tous les matins avant de me rendre en cours. J’avais déjà acheté Libération en sortant de chez moi et rachetais le Monde en quittant l’université. On appelle cela une addiction à l’information. Le soir, après avoir passé des heures à lire mes bouquins de cours, je me replongeais dans des textes bien plus distrayants avant de m’endormir, le nez entre deux pages.

Ceci est un texte de chondre  dont voici mon illustration :

dip_1_image

fahrenheit 451…, par Gilsoub

J’ai toujours eu un tropisme particulier pour l’écrit, et cela depuis tout petit. Si tout est bon dans le cochon, toutes les occasions sont également bonnes pour lire, ainsi que tous les supports. Bande-dessinées, romans, journaux. J’ai pris l’habitude de lire le journal quotidiennement bien avant mes dix-huit ans. Étudiant à la faculté, Je bénéficiait des distributions gratuites du figaro tous les matin avant de me rendre en cours. J’avais déjà acheté Libération en sortant de chez moi et rachetait le Monde en quittant l’université. On appelle cela une addiction à l’information. Le soir, après avoir passé des heures à lire mes bouquins de cours, je me replongeais dans des textes bien plus distrayants avant de m’endormir, le nez entre deux pages.

Ce texte est tiré d'un article du Blogue de Chondre et sert de support à la seconde phase du diptyque d'Akinou . Il faut maintenant l'illustrer d'une photo. Sur le sujet, je n'avais pas grand-chose en archive, j'aurais put photographier ma bibliothèque, faire une savante mise en scène avec des cocottes en papier dans du papier journal et de magazine, mais il fallait que j'apprenne à en faire. Et puis, froid aidant, tout en réfléchissant, dans le salon de ma mère, j'entreprenais de fabriquer un petit feu, histoire d'économiser un peu de fuel! Et là je me suis dit, voila où finis la grande majorité des infos que nous engrangeons chaque jour, dans un feu, une poubelle, oublié parce que pas si utile que cela une fois passé l'instant médiatique...

Feu

Le vaccin, par Franck

Il était 7 heures du matin de ce petit jour froid d’hiver, le 6 février exactement, un premier mercredi du mois comme à l’habitude — celui-ci serait le dernier.

La cérémonie avait été organisée depuis plusieurs mois, une fois que le recensement avait été refait et vérifié. Elle serait la dernière en France. Fruit de nombreuses années de recherche et grâce à une intuition de génie du professeur Danterre qui, disait-il avec un sourire en coin, l’avait eue en relisant pour la trente-septième fois « Des fleurs pour Algernon », un traitement avait enfin été mis au point. Une savante combinaison de virus génétiquement modifiés, de bactéries sélectionnées et d’une poignée de nanobots programmés pour orienter judicieusement l’ensemble était contenu dans cette ampoule qui attendait dans l’armoire blindée.

07h05

« C’est des nichons de 14-18. »

Elle attendait depuis vingt minutes, assise sur cette chaise, derrière la vitre qui donnait sur la cour de l’immeuble. Comme d’habitude les badauds et les curieux s’étaient rassemblés et attendait le moment où l’élu du mois serait traité. C’était devenu une institution où chaque premier mercredi on assistait à la séance derrière la grille de la cour d’honneur de l’hôpital Sainte-Anne. On y trouvait pêle-mêle des gamins qui faisaient le détour avant d’aller à l’école, quelques ménagères toujours en manque de sensationnel qui allait leur donner de quoi discuter sur le marché ensuite, un ou deux poivrots qui finissaient — ou commençaient — de cuver leur blanc-sec du matin, parfois même un employé du nettoiement prenait le temps de s’appuyer sur son balai pour observer d’un œil goguenard les spectateurs amassés là.

Crédit photo : Hughes Léglise-Bataille

07h10

« Moi je suis sain d’esprit[s] ! »

Petit à petit la foule s’était faite plus dense, les appareils photo avaient commencé à crépiter, rendant nerveuse la compagnie de sécurité qui avait commencé à s’approprier les lieux. Il ne fallait pas traîner, le ministre était annoncé à huit heures précises et chacun connaissait ses colères proverbiales lorsqu’il y avait du retard sur le programme. Son planning de ministre ne souffrait aucune divergence.

07h15

« L’est où Lucien ?
— Il est en Polynésie française.
— C’est où la Polynésie française ?
— C’est près de Glacière ! »

Un infirmier était passé, à la fois pour rassurer Lucienne et pour vérifier qu’elle avait correctement pris la solution préconisée par le professeur, une heure avant l’injection. Il était resté quelques minutes à observer la foule au dehors, puis avait tourné les talons en haussant les épaules.

07h20

« Essaye de traverser la cour … ils vont te tuer …
— 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10. »

L’équipe du professeur Danterre était au complet ce matin. Il ne fallait pas rater ce rendez-vous avez l’histoire. Tout ce qui comptait de sommités au sein de l’institution hospitalière était présent et se bousculait autour du professeur qui paraissait passablement agacé par ce manège de coups de coude, de petits mots acides et de haussements de ton. Il donna quelques ordres à l’infirmière qui se trouvait auprès de lui et se tourna ensuite pour se rendre près de Lucienne, s’éloignant du manège des courtisans.

07h25

« Au secours ! J’ai des mites !

— Moi j’aurais voulu épouser Henri Dunant
— Mais il est mort. »

L’infirmière passa quelques minutes à placer les électrodes sur les tempes de Lucienne, à brancher le monitoring cardiaque, à vérifier sa tension et son état de nervosité. Celle-ci se contentait d’observer les manipulations les yeux grands ouverts sans jamais ciller ou presque. Un léger air triste ne quittait pas son regard que l’infirmière tentait d’éviter.

Les journalistes présents avaient commencé à interpeller le professeur sur son traitement, sur les bénéfices attendus aujourd’hui, sur la vitesse à laquelle le produit agissait, s’il était possible qu’il y ait des rechutes, etc. Le professeur répondait lentement, en prenant le temps d’expliquer les choses une à une, ignorant l’insistance des questionneurs avides de superlatifs à mettre en titre de leurs papiers.

07h30

« Il est parti en vacances ?
– Non il est mort avant ! »

Le traitement de cette pathologie avait été déclarée grande cause nationale dix ans auparavant et depuis on traitait un à un chacun des patients susceptibles de le recevoir. C’était un traitement unique, dont les secrets de fabrication étaient jalousement conservés par le laboratoire qui le vendait à prix d’or. Le processus d’élaboration était long, compliqué et extrêmement délicat disaient-ils, probablement pour justifier son coût.

08h00

« Il a 98 ans !
– Il marche sur les mains. »

Le ministre et son aréopage étaient arrivés à huit heures pile, comme prévu. Aussitôt le professeur avait salué celui-ci et était retourné près du petit chariot à roulette qui trônait près de Lucienne. Celle-ci avait été attachée au siège afin de prévenir tout geste involontaire de sa part. Il ne fallait pas qu’un aléa vienne gâcher le bon déroulement des opérations. Le garde en faction près du chariot s’était alors retiré, plus loin dans le couloir, tout en gardant un œil curieux sur les gestes du professeur.

Le piston était descendu doucement dans la seringue et le liquide ambré avait maintenant complètement disparu. Le professeur avait alors retiré l’aiguille, l’avait placée dans le réceptacle idoine et s’était redressé pour observer Lucienne.

Le ministre impatient avait alors tendu la main vers le professeur pour le remercier et s’était tourné vers les journalistes présents : « C’est un grand jour à marquer d’une pierre blanche. Pierre blanche qui nous rappelle la première de cet édifice, pierre posée il y a presque un siècle et demi par le grand spécialiste des pathologies … » avait-t-il continué à déclamer pendant quelques minutes.

08h15

« On est normal au départ…
– C’est les gens qui nous rendent maboules ! »

Il avait fallu quinze minutes pour que le ministre lise son discours sous le crépitement des flashs, réponde ensuite aux journalistes et reparte enfin en trombe maintenant suivi du préfet arrivé essoufflé quelques minutes plus tôt, de son escorte de secrétaires, d’assistants et de gardes du corps. Pas un regard pour Lucienne qui l’avait observé partir sans un mot. Elle n’existait pas, seul comptait le jour historique dans le planning du ministre.

Pendant ce temps le produit continuait d’agir. Le monitoring n’indiquait rien d’inquiétant, à part une légère augmentation de l’activité cardiaque. Il fallait une heure pour que l’effet final soit complet. Pendant quarante minutes encore Lucienne serait la vedette du jour, du mois, de l’année. Et puis elle irait finalement se fondre dans la foule des communs, des quidams, des normaux… Elle hochait doucement la tête, le regard toujours un peu triste, comme si elle regrettait de perdre peu à peu son statut. Statut dont elle n’avait visiblement pas la moindre idée, personne n’ayant eu l’idée — ou l’intelligence — de lui expliquer pourquoi elle était attachée à cette chaise, ce matin là, dans ce hall un peu sinistre.

Le professeur était resté un peu puis était reparti ailleurs, l’air affairé, pas plus ému que toutes les fois précédentes. Ça faisait longtemps que l’excitation des premiers cas avait disparu. De la routine, rien que de la routine c’était devenu et si le ministre n’avait pas tenu à être présent il aurait bien volontiers laissé sa place à un des internes qui l’accompagnait aujourd’hui.

09h00

« Il est méchant parce qu’il a peur de sa bite. »

Je m’étais alors demandé à qui elle pensait. Au professeur, au ministre, à un inconnu ? peu importe, peut-être à tous.

Nous sommes le 5 mars. Nous sommes le premier mercredi du mois. Il n’y a personne dans le couloir, sauf moi qui erre ici et là. L’équipe ne viendra pas, ne viendra plus. Je suis content. Je n’ai pas été détecté. Je suis le dernier…


Texte écrit par Franck pour la première session du Dyptique 5 d’Akynou. Version l'histoire de la photo.

lundi 10 mai 2010

Un tropisme particulier pour l'écrit, par Akynou

Je suis en train d'étudier les dossiers de candidatures pour l'Année que je dirige à l'Ecole publique de journalisme de Tours, nouvelle appellation de IUT de Tours département Infocom. Nous sommes une des douze écoles reconnues par la profession, et il y en a encore qui pensent que nous ne sommes qu'un cursus de préparation aux dites écoles. Pas encore journalistes et déjà bien informés…

Bref, je lis donc des pages de résultats scolaires, des pages d'articles publiés en tant que correspondant de presse ou pigistes irréguliers et maladroits. Et des lettres de motivation en veux-tu en voilà. Certaines sont vraiment bien tournées. J'aurais sans doute pu y lire ceci :

J’ai toujours eu un tropisme particulier pour l’écrit, et cela depuis tout petit. Si tout est bon dans le cochon, toutes les occasions sont également bonnes pour lire, ainsi que tous les supports. Bande-dessinées, romans, journaux. J’ai pris l’habitude de lire le journal quotidiennement bien avant mes dix-huit ans. Étudiant à la faculté, Je bénéficiait des distributions gratuites du figaro tous les matin avant de me rendre en cours. J’avais déjà acheté Libération en sortant de chez moi et rachetait le Monde en quittant l’université. On appelle cela une addiction à l’information. Le soir, après avoir passé des heures à lire mes bouquins de cours, je me replongeais dans des textes bien plus distrayants avant de m’endormir, le nez entre deux pages.


Mais le texte n'est pas celui d'un candidat. Il est de Chondre. Et ceci est ma participation au Diptyque 5.1, l'illustration du texte.

Derrière la grille, par Lyjazz

« C'est comme ça, Joseph, c'est juste comme ça....

Elle apparaîtra dans le ciel, ou elle sera déjà posée au sol, mais lorsque les gens la verront, ils sauront qu'un malheur se prépare. « 

C'est le début d'un livre, c'est ce qui va arriver, que les lecteurs attendent.

La semaine dernière l'émeute a eu lieue derrière la librairie La crème du crime. Un groupe avait lu Plume d'ange et attendait. J'étais avec eux, dans le groupe premier, plutôt goguenard et circonspect. Je n'attendais rien, moi, j'avais plutôt envie de voir un mouvement de foule, d'observer comment chacun imaginerait le pire et s'y préparerait.

Je sentais les enfants, plus crédules et plus imaginatifs, qui se pressaient les uns contre les autres, je les entendais se faire peur. Parfois attisés par les adultes qui les avaient entraînés là, comme si c'était un spectacle pour enfant ! Mais comment empêcher un groupe de se constituer, de venir attendre derrière des grilles ?

La publicité avait été si bien faite....

Le signe était là : la plume blanche tombée du ciel. Des « oh ! «  et des « ah », puis des « poussez-vous ! » « arrêtez de bouger ! » des photographes du dimanche.

Maintenant ils restaient là. Attendant la suite : la visite d'un ange.

Mais avaient-ils lus le livre, vraiment ?

Selon mes sources, une fois l'ange apparu, un crime serait commis.

Ça n'avait pas l'air de leur faire peur....

Mais on sentait quand même un frémissement vers l'arrière du groupe. Tandis que devant la grille tout le monde se sentait protégé.

Il était 17h et il faisait encore grand jour. Ce qui expliquait la présence des enfants, et le sentiment d'impunité, de puissance.

On entendait un air de musique derrière la porte, là, en face.

Il a fallu attendre encore une heure avant que quelque chose ne se passe.

J'avais réussi à passer de l'autre côté des grilles, parce que je connaissais un des gardiens.

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Alors je prenais des photos du groupe qui attendait.

En attendant moi aussi.

Et puis tout est allé très vite.

L'Ecrivain est sorti de la librairie, un stylo à la main, pour signer quelques autographes.

Dans le même temps, derrière la foule pressée à la grille, un homme a fait mine de tirer sur un autre, qui s'est effondré pendant que le tireur s'enfuyait.

Mouvement de panique contre les grilles, et l'Ecrivain qui restait imperturbable et signait des bouquins.

Après 2 mn de flottement l'homme abattu s'est relevé, a épousseté sa veste, a fait un petit sourire, puis un petit salut de la tête à l'Ecrivain, il a tourné les talons et il est parti.

Applaudissements nourris de la foule.

Belle mise en scène !

L'Ecrivain a tourné son fauteuil roulant, m'a demandé de l'aider à passer le trottoir pour partir.

Sur le dossier il portait un dessin d'ailes d'anges.

On a entendu la fin de la chanson : c'était du Bobby Lapointe

« Su' l'trottoir, j'ai rencontré

Un ange descendu des cieux

Su' l'trottoir, j'ai rencontré

Un bel ange aux yeux bleus

Soudain passe un Monsieur bien

Bien vêtu mais gueul' minable

L'ange a murmuré "Tu viens" ?

-Combien ?

- Cinq cent balles

Diable.

Et tous les deux ils sont partis

Mon ange descendu des cieux

Mon ange bleu du paradis

Et le vilain Monsieur. »

Fin du happening.

Comme j'attendais que les grilles s'ouvrent, après le départ de la foule, j'ai observé le quartier.

La chanson flottait encore dans ma tête.

Une lumière s'est allumée. Carmen est apparue devant sa porte, en bottes à talons, rouge à lèvres, pantalon collant et seins pigeonnants, décolleté à l'avenant.... Gueule d'ange, itou.

Je suis monté.

ooo

''Ceci est la participation de Lyjazz au jeu du diptyque 5, session 1, organisé par Akynou. Il s'agissait d'écrire une histoire correspondant à cette photo de Hugues Léglise-Bataille''

Fait-divers, Par Akynou

20 minutes. Edition du lundi matin

Samedi sanglant au Palais-Royal.

Une bousculade tue trente personne dont de nombreux enfants.

Samedi 1er mai, Paris, place du Palais Royal. C'est à une bousculade sans précédent qu'ont assisté les promeneurs du jardin du Palais-Royal. En ce samedi matin ensoleillé, les habitués de ce jardin au cœur de Paris se promenaient en famille ou faisaient leur jogging. Sans que l'on sache exactement pourquoi, à une des grilles d'entrée, fermée le week-end, ont commencé à s'agglutiner nombre de touristes. D'après les dires d'un survivant de la bousculade, il semblerait qu'une star du cinéma américain, connu pour ses rôle dans Roméo et Juliette et Titanic, aurait été annoncée pour une séance de photos dans le jardin. Aucun des habitués du parc n'avait entendu parler de cette visite, aucun cordon de sécurité n'avait été prévu.

Toujours est-il que des visiteurs, à peine descendu de leur car, se sont postés à cette grille. Se demandant ce qui pouvait bien provoquer pareil attroupement, d'autres touristes se sont ajoutés. Puis des Parisiens profitant de cette belle journée pour se promener. Près de la grille, les gens ont commencé à être tassés. Les enfants ont été les premiers à s'inquiéter de la pression, comme en témoigne cette photo – terrible quand on sait ce qui s'est passé par la suite – prise par un photographe qui passait par là.

5.1.M

En fin de matinée, on comptait quelque deux cents personnes réunies là, sans qu'aucune mesure ne soit prise. Mais jusque-là, tout ce passait bien.

Et puis on ne sait pourquoi, peut-être un malaise dans la foule massée (qu'on estime à plus d'une centaine de personne) ou quelqu'un voulant se dégager, il y eut un mouvement de foule. Ceux derrière, persuadés que la star américaine arrivait enfin, ont essayé de forcer le passage. Dans la bousculade, plusieurs personnes sont tombées et ont été piétinées. Des enfants ont été étouffés, jusqu'à ce que des personnes de bonne volonté arrivent à faire sauter le cadenas fixé sur les chaînes qui maintenaient les grilles fermées. Mais pour trente touristes, il était déjà malheureusement trop tard. Parmi les victimes, on compte quinze Hongrois, dont c'était le premier voyage en France, un couple de Bergeracois et un de leurs enfants. Le rescapé, âgé de 4 ans, a été retrouvé sain et sauf par miracle. Il a été remis à ses grand-parents dans la journée de dimanche. Les douze autres victimes sont toutes originaires de la région parisienne.

Le président Sarkozy s'est déplacé sur les lieux du drame, ainsi que le maire de Paris, Bertrand Delanoe. Les dépouilles des victimes ont été entreposées dans une église proche de l'accident. Après l'enquête préliminaire, elles seront rendues à leur famille et rapatriées dans leur pays respectif. Une cellule de psychologues a été mise en place pour les survivants à la tragédie.

Leonardo DiCaprio, en voyage en Italie au moment des faits, s'est dit troublé et profondément chagriné par la tragédie et a adressé ses condoléances à la totalité des familles endeuillées.

L. C. (texte) H. L.-B. (photo)

Le Petit Périgourdin. Ed. Lundi après-midi

Une famille de Bergeracois disparaît dans la tragédie du Palais-Royal

Paul et Marie Vergnaud, commerçants à Bergerac, étaient montés à la capitale pour le mariage de Cécile Vergnaud, la propre sœur de Paul. Le mariage civil ayant été célébré la veille à la mairie de Créteil, la cérémonie religieuse ne devant avoir lieu que le lendemain, la famille Vergnaud décidait de faire visiter les monuments de la capitale à leurs enfants, Léa, 10 ans, et Kévin, 4 ans. Mais c'est la mort que cette famille bien connue des Bergeracois, a trouvé sur son chemin. Ils ont été pris dans la bousculade qui a provoqué le décès d'une trentaine de personnes samedi matin, au Palais-Royal.

D'après le quotidien parisien 20 minutes, il semble qu'une star américaine ait été annoncée dans les jardins du célèbre palais. Une foule d'environ deux cents personnes s'est agglutinée-là pendant deux bonnes heures, tentant d'apercevoir ce qui n'était qu'un fantasme. Jusqu'à ce qu'une bousculade provoque chutes et étouffement. De nombreux enfants ont trouvé la mort (ont parle d'une dizaine). Dont la petite Léa dont on aperçoit la mine inquiète saisit par un photographe de passage juqte avant la tragédie. C'est la dernière image de Léa de son vivant.

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Kévin a, lui, été retrouvé indemne près du corps sans vie de sa maman. L'enfant, en pleurs et profondément choqué, a été d'abord transporté à l'hôpital puis dans un foyer où il a retrouvé ses grands-parents montés eux aussi pour la noce. Noce endeuillée par la tragédie.

Le président Sarkozy a envoyé un message de condoléance à la famille qui a été reçue par le maire de Paris, Bertrand Delanoe. Une messe sera célébrée en mémoire de Pierre, Marie et Léa Vergnaud jeudi 6 mai, dans l'église Saint-Jacques, à 10 heures.

Mariane, la semaine suivante

Polémique autour d'une bousculade

Samedi 1er mai, près des jardins du Palais Royal, un attroupement a provoqué la mort d'une trentaine de personnes, dont une quinzaine de ressortissants étrangers. Parmi les victimes, on comptait de nombreux enfants. Hier matin, Nicolas Demorand interrogeait le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, sur les circonstances pour le moins étranges de la tragédie. On attribue la raison de l'attroupement à un twitt émanant du cabinet du ministère à destination de nombreux journalistes annonçant une prétendue séance de photos du ministre et de l'acteur américain, Leonardo DiCaprio. Séance qui était censée se tenir dans les jardins du Palais-Royal. Frédéric Mitterrand, très énervé par ces accusations qu'il a qualifié d'odieuses, a nié toute implication dans cette malencontreuse affaire. Après avoir assuré les victimes de ses sincères condoléances, il a ajouté qu'il ne comprenait pas que le maire de Paris n'ai pas pris de mesures pour empêcher ce genre de mouvement de foule une fois prévenu de l'attroupement.

Bertrand Delanoe a vertement réagi au journal de 13 heures. Pour lui, la préfecture de police, bien trop occupée à préparer son dispositif en vue des manifestations de l'après-midi, a négligé les appels la prévenant de ce qui se passait au Palais-Royal et ne s'est décidée à envoyer des renforts sur place que lorsqu'il était trop tard. Il a regretté que la logique sécuritaire du ministère de l'Intérieur l'ai poussé à négliger la sécurité de touristes venus confiant dans la capitale visiter ses monuments.

Brice Hortefeux n'a pas manqué de réagir au journal de 20-heures, sur TF1, en mettant en cause des agitateurs de l'ultra gauche – il reprenait en cela les propres termes de Michèle Alliot Marie – montés à Paris pour le 1er mai et désireux de saper l'autorité de la République. Il s'est prononcé pour la suppression des manifestations du 1er mai et dit réfléchir à un projet de loi dans ce sens.

En annonçant cela, le ministre a réussi là où la crise à échoué : l'ensemble des syndicats français se sont réunit et on annoncé une grande manifestation unitaire le 27 mai prochain.

Les touristes sont prévenus qu'il ne fera pas bon s'attrouper ce jour-là à Paris.

Ceci est ma participation au diptyque 5, session 1, l'histoire de la photo. Le cliché en question a été pris par Hughes Léglise-Bataille et évidemment les gens sur la photo sont tous vivants, en tout cas, ils n'ont pas disparu au Palais-Royal. Merci à Hughes pour le prêt de cette étonnante photo.

Dyptique (saison 5, première semaine) , par Kimanier

"J’ai toujours eu un tropisme particulier pour l’écrit, et cela depuis tout petit. Si tout est bon dans le cochon, toutes les occasions sont également bonnes pour lire, ainsi que tous les supports. Bande-dessinées, romans, journaux. J’ai pris l’habitude de lire le journal quotidiennement bien avant mes dix-huit ans. Étudiant à la faculté, Je bénéficiais des distributions gratuites du figaro tous les matins avant de me rendre en cours. J’avais déjà acheté Libération en sortant de chez moi et rachetais le Monde en quittant l’université. On appelle cela une addiction à l’information. Le soir, après avoir passé des heures à lire mes bouquins de cours, je me replongeais dans des textes bien plus distrayants avant de m’endormir, le nez entre deux pages."

Ceci est un texte de Chondre dont voici mon illustration :

 

A4

Alors évidemment, on imagine le protagonniste dans sa tendre enfance! Avant la fac, avant l'addiction à l'information via les journaux....ben oui, comme c'est écrit au début du texte...."depuis tout petit"

Ceci est ma participation au dyptique d'AKYNOU

Et maintenant, réglons les comptes:

A cause de Laure, je me suis déguisée en mère indigne, allant photographier mon fils dans son sommeil!

J'espère que le forfait en vaut la chandelle!

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Mais oui, Kimanier, ça valait le coup. une si jolie photo :-)

diptyque (saison 5, première semaine), par Laure

J’ai toujours eu un tropisme particulier pour l’écrit, et cela depuis tout petit. Si tout est bon dans le cochon, toutes les occasions sont également bonnes pour lire, ainsi que tous les supports. Bande-dessinées, romans, journaux. J’ai pris l’habitude de lire le journal quotidiennement bien avant mes dix-huit ans. Étudiant à la faculté, Je bénéficiais des distributions gratuites du figaro tous les matins avant de me rendre en cours. J’avais déjà acheté Libération en sortant de chez moi et rachetais le Monde en quittant l’université. On appelle cela une addiction à l’information. Le soir, après avoir passé des heures à lire mes bouquins de cours, je me replongeais dans des textes bien plus distrayants avant de m’endormir, le nez entre deux pages.

Ceci est un texte de chondre dont voici mon illustration :

dyptique_5_1

Merci à Akynou pour l’organisation de ce nouveau diptyque.

J’avais en tête un truc un peu différent, avec des quotidiens locaux en différentes langues (et écritures, hein, ici, c’est rigolo, la presse. Enfin, le contenu, pas trop, mais à regarder, oui). Et puis les journaux en questions sont à l’école. Et on est dimanche et le diptyque se termine. Et Akynou m’a fait culpabiliser à fond alors que je ne pensais pas franchement publier. Bref.

Un cadeau à celui qui reconnait la partition qui se planque sous le tas!

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Participation de Laure, donc, au diptyque 5.1, partie l'illustration du texte

Cyber futur…, par Gilsoub

Elle repose le journal sur le bureau. La photo, en une de couverture, comme pour me rappeler ce cauchemar. Le sourire ironique aux lèvres, elle hoche la tête de désolation en poussant un grand soupir. 

-Et si tu racontais ? 

Raconter quoi ? Comment un pauvre couillon passe en quelques heures de l'anonymat tranquille et simple, à la célébrité honteuse du paria de service ? Parce que des politiques en mal de reconnaissance ont encore inventé une nouvelle législation et qu’il fallait un cobaye. Pour une fois que je gagne un concours, il est de circonstance ! Pas de chance !

Il était environ six heures, hier matin, quand des coups à la porte m’ont réveillé. J’ai été ouvrir pour me retrouver nez à nez avec 7 policiers et un caméraman. Le plus galonné s’est présenté comme étant de la nouvelle brigade de criminalité numérique. Il m’annonça ma mise en garde à vue qu’il se proposait de changer tout de suite en examens si j’acceptais les faits qui me seraient reprochés dans quelques instants. Qu’il agissait en vertu du nouveau code de la justice égalitaire numérique et dans le cadre de la réforme Hadopi 25 de Louis Sarkozy dont les décrets avaient été promulgués hier ! Il me précisa même que si j’étais condamné avant ce soir, je bénéficierais d’une promotion intéressante de remise de peine. 

Je regardais ce type lire son discours sur le prompteur intégré à la caméra. Il me demanda s’ils pouvaient entrer. Soit…

Il commença à me préciser les faits qui m’étaient imputés, que ces faits avaient déjà été vérifiés par l’étude de 8 mois de mes logs ainsi que par le mouchard obligatoire installé sur tous les ordinateurs depuis dix ans. Il s’avéra que, bien qu’utilisant un logiciel destiné à rendre anonyme certaines de mes conections, ce qui représente un premier délit pour entrave au travail d’enquête de la police, et par là même, un risque d’atteinte à la sécurité du territoire. Que, malgré ce dispositif illégal, il a été établi que j’avais téléchargé de la musique et des films, en dehors de tout canal autorisé mettant de fait en périls, les artistes et le monde de la culture ! Le 12 janvier 2026, j’avais ainsi téléchargé 3 titres de Monsieur Claude François, le 13, un morceau d’une dénommée Sheila, suit une liste d’une trentaine de titres du même acabit illégalement acquis. L’on me reprochait également le téléchargement d’un vieux film, « Les tontons flingueurs ». 

Voilà, maintenant, j’avais le choix. Où je reconnaissais les faits et j’étais immédiatement mis en examens, puis jugé en direct via mon ordinateur en mode cyber justice. Soit, je refusais, mon matériel était saisi, j’étais emmené immédiatement et emprisonné en attendant un jugement qui aurait lieu le mois prochain. 

- Franchement, me dit le policier, à votre âge, 66 ans, à trois ans de la retraite, avec la promotion sur les peines en cas de jugement immédiat, je n’hésiterais pas ! Reconnaissez-vous les faits ?

- Oui, je murmurais…

- Avez-vous un logiciel de cyber défense ?

- Heu… Je dois avoir Eolas 2.5 fourni par mon assurance juridique professionnelle…

- Ah oui, mais non, il n’est plus compatible avec le nouveau cyber tribunal, un peu trop efficace… La nouvelle version Eolas 3.0 est en cours d’homologation, mais je pense que cela va prendre du temps, il n’est pas en adéquation avec les recommandations du ministère de la cyber justice. Je vais donc vous proposer un logiciel commis d’office.

On s’est installé autour de l’ordinateur. Il a tapé une adresse et le cyber tribunal s’est ouvert. Il a rentré un numéro d’affaires, quelques codes divers et variés, et m’a expliqué que cela ne prendrait que quelques minutes mon dossier étant déjà en mémoire. Un chiffre en haut indiquait le nombre d’internautes connectés. 353 264. 

- Joli score. Faut dire que vous allez être le premier condamné de cette nouvelle loi, me dit-il. Cliquez sur le bouton « défense commis d’office »…

Je m’exécutais et je vis défiler rapidement des listes de noms, puis il s'arrêta sur Colard 1.2

- Vous n’avez pas de chance ! C’est un vieux bousin qui bogue souvent, mais bon, c’est le hasard…

Je cliquais donc dessus, il me demanda de cocher « coupable » ou « non coupable ». Je choisis le premier. Ensuite, une fenêtre s’ouvrit où il m’était demandé d’expliquer sommairement les raisons de mon geste. J’écrivis donc que pour le départ à la retraite d’un collègue, nous recherchions des musiques de sa jeunesse, en 1970. Et que cette musique n’étant plus distribuée officiellement, je ne pensais pas enfreindre la loi. Il en allait de même pour le vieux film.

Je cliquais sur le bouton OK. Il se passa quelques longues secondes pendant lesquelles la machine donna l’impression d’êtres gelée, ce qui ne m’était plus arrivé depuis… Étonnant avec mes vingt processeurs de 698 gigas hertz ! 

- Je vous avais prévenus, il bogue, sourit le policier…

Au bout d’un moment donc, un dossier apparut avec un message : « Colard 1.2 possède votre défense dans ce dossier ». J’essayais en vain d’ouvrir le dossier !

- Oui, je sais, il bogue ! 

- Bon ben cliquez sur « commencer le procès », ici, en bas…

Je m’exécutais. Commença alors sur l’écran une bataille de flèche entre l’avatar de la justice et celui de Colard 1.2, des couleurs qui clignotaient, des chiffres qui défilaient, le tout sur la musique du Boléro de Ravel… Cela dura quelques minutes jusqu’à ce qu’un message m’annonçât que Colard 1.2 avait inopinément quitté le système !

Je regardais le policier en fronçant les sourcils, il haussa les épaules…

L’écran pris alors une couleur rouge, la musique d’« ainsi parlait Zarathoustra » retentit, et petit à petit apparus le mot « COUPABLE » clignotant et le message « veuillez patienter quelques instants pour le prononcé de la peine ».

J’attendis deux minutes puis le résultat tomba. J’étais condamné à 18,50 euros d’amendes avec sursis (conséquence de la promotion !) et à 8 heures de présentation pénale en place publique à exécuter dans la journée…

- Ah ben vous avez de la chance, si j’ose dire, commenta le policier, c’est la nouvelle peine imaginée par le président Jean Sarkozy. Ne vous inquiétez pas, vous serez protégé par une cage, et il est strictement interdit de vous jeter quoique ce soit, mes collègues veille au grain. N’oubliez pas de valider votre acceptation de la condamnation, et ce soir tout est fini. Si vous refusez…

Je cliquais sur « J’accepte ma légitime condamnation rendue au nom du peuple français ». 

Et c’est ainsi que j’ai pris cette photo, de tout le bon peuple voyeur, veule et lâche, venu voir la graine de racaille que je suis. Ma seule consolation, c’est que j’ai revendu très cher ce cliché !

Elle me regarda en souriant…

- Tu n’en rate pas une toi…

Je n’ai jamais su si elle parlait de mes conneries ou de ma photo ! J’ai bien ma petite idée, mais bon…


Une photo amusante d’Hughes Léglise-Bataille.


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Voici la « petite participation » de Gilsoub au cinquième diptyque d'Akynou l'histoire de la photo proposée par Hughes Léglise-Bataille.

samedi 8 mai 2010

Diptyque 5.1.b : des journaux gratuits, par Bladsurb

Bladsurb, pour les besoin du Diptyque 5.1 versus l'illustration du texte.

J’ai toujours eu un tropisme particulier pour l’écrit, et cela depuis tout petit. Si tout est bon dans le cochon, toutes les occasions sont également bonnes pour lire, ainsi que tous les supports. Bande-dessinées, romans, journaux. J’ai pris l’habitude de lire le journal quotidiennement bien avant mes dix-huit ans. Étudiant à la faculté, Je bénéficiait des distributions gratuites du figaro tous les matin avant de me rendre en cours. J’avais déjà acheté Libération en sortant de chez moi et rachetait le Monde en quittant l’université. On appelle cela une addiction à l’information. Le soir, après avoir passé des heures à lire mes bouquins de cours, je me replongeais dans des textes bien plus distrayants avant de m’endormir, le nez entre deux pages.
Chondre



les journaux d'information à l'heure du gratuit

Lorsque la solidarité corporatiste est mise à mal par les griffes du capitalisme, les journaux peu à peu plongent dans les caniveaux.
(cette photo a été prise à la station Pigalle, mais je n'en tirerai aucune conclusion)

I've looked at life from both sides now

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Ceci est l'originale participation de K à la première session de la cinquième saison, versus l'histoire de la photo de Hughes Léglise-Bataille, d'Akynou.

La sortie éducative, par Baldsurb


April 11, 2006 - 15:39
Originally uploaded by Hughes Léglise-Bataille.

Les enfants ébahis contemplent tout ce vide.
Était-ce ainsi, avant le Grand Naturicide,
Chaque humain disposait d'un aussi vaste espace ?
Ça les effraie. Comment y trouvaient-ils leur place ?

Avant de repartir s'agglutiner en classe,
Ils prennent des photos pour garder une trace
Du temps d'avant les cendres et l'acide.

Ceci est la participation de Bladsurb à la session 5.1 du diptyque d'Akynou. La partie : j'invente l'histoire de la photo

Ah ! zoo…, par Vent du Nord

photo Hughes Léglise-Bataille

Le client n’était pas excessivement inhabituel. À conduire des limousines, on s’habitue à véhiculer les grands de ce monde et autres pipeuls en goguette. Ce qui était vraiment étonnant, c’était les gens. J’ai vu des fans derrière des rubans plastiques, des cordons de velours, des barrières Vauban… Mais dans ce passage couvert parisien ainsi fermé cet effet de grillage était une nouveauté.

Et de ne pas savoir, au fond, de quel côté des barreaux sont les bêtes curieuses. Bien sûr, on se dit d’abord que c’est nous, devenus une vitrine supplémentaire du musée Grévin tout proche. Puis on hésite. On regarde mieux. On voit la fébrilité, l’hystérie – et que le désir de sortir de la cage n’est pas de notre côté. Nous sommes le spectacle, mais ils sont les prisonniers.

Et dans leur regard on croit alors apercevoir – même derrière les appareils – une lueur fauve, les cheveux devenir crins, les griffes s’allonger… On pourrait se rassurer en pensant qu’on est du bon côté de la barrière si l’on ne se reconnaissait autant dans l’œil du public-garou.

Et puis, n’est-ce pas, c’est mon client l’attraction, la Vénus Hottentote post-moderne (et beaucoup mieux payée)… Bon, ok, j’emmène trop mes neveux au zoo, je crois. Ou c’est le kebab qui ne passe pas ?

Donc, un petit jeu de blogs pour les débuts de celui-ci. Je n’ai pas résisté à l’envie de participer à cette première session du ditptyque 5 d’Akynou. Me reste plus qu’à aller lire les autres participations ! À bientôt pour la suite de mes jérémiades personnelles ;-)

Vent du Nord

Où conduit une dérive sécuritaire, par Julio

Au petit jeu du diptyque, versus l'histoire de la photo, voici la participation de Julio.

Juger selon les nouvelles lois de la République, où conduit une dérive sécuritaire !

Le ministère public contre la famille Perlimpinpin, dans le cadre de la dénonciation d’un policier qui aurai entendu un gosse dire : « Tiens, Carlita qui promène son trou du cul », en passant devant les grilles de l’Élysée.

Le juge lisant l’acte d’accusation : la famille Perlimpinpin s'est rendue coupable d’insulte a l’autorité de la République. Nous possédons deux preuves : le témoignage d’un policier et une photo… (il fait passer la photo)

April 11, 2006 - 15:39
Photo Hughes Léglise-Bataille

La parole est au ministère public.

Le ministère publique réclamant la plus grande sévérité pour ce crime : Deux ans de prison pour les parents et la suppression des allocations familiale. Deux ans en maison de correction pour les frères et sœur. Et pour le jeune délinquant, cinq ans en maison de correction. Et je suis généreux, je pourrais réclamer plus, mais j’ai reçu un coup de fil de Carlita me demandant de me montrer généreux avec ces pauvres bougres. Le président ne l'a pas mal pris.

L’avocat de la famille Perlimpinpin : Messieurs le juge, je veux vous signaler, avant de commencer ma plaidoirie, que je crève de faim avec les affaires que l’Etat me donne à défendre.

Le juge : On n’est pas là pour parler de vos problème,s mais pour juger un affaire très grave, continuez votre défense.

La famille Perlimpinpin reconnaissant les faits et demandant l’indulgence du tribunal: Rien d’autre a ajouter M. le juge.

Le juge aux accusés : Avez-vous quelque chose à ajouter ?

La mère Perlimpinpin : M. le juge, nous avions confié notre enfant a cette école privé pensant que son éducation parmi les curés serait assurée. Nous constatons notre erreur !

Le juge : Mais vous persistez dans vos insultes a l’autorité de la très grande République que nous somme. Je confirme le chef d’accusation et demande à la police de procéder à l’arrestation de la famille Perlimpinpin qui devra subir la loi de la République dans toute sa rigueur !

La presse est là à attendre le verdict. Surtout Le Figaro qui a envoyé Yvette Têtard A Hublot, son meilleur journaliste, le paltoquet du pouvoir, qui croit tenir l’affaire du siècle et publiera le lendemain un papier, tout feu tout flamme : la République vient de montrer sa capacité de renouvellement en condamnant la famille Perlimpinpin. Elle a prouvé sa capacité a restaurer l’autorité de l’Etat. Notre très grand président viens de prouver que les délinquants seront bien nettoyés au Karscher !

Les journalistes se pressent autour de l’enfant responsable de la décadence de la République, les questions fusent : « Pourquoi as-tu tenu de tels propos en passant devant les grille de l’Élysée.

Réponse de Pepito Perlimpinpin : C'est papa. Il dit toujours a la maison : Carlita pète dans la soie et nous on pète dans la merde ! Et que son trou du cul qu’elle promène partout il pète de la gueule. Et que cette histoire commence a empester le pays. Il a même dit que c'est une poule de luxe.»

Le lendemain, toutes les rédactions du pays font les gros titre sur les propos du petit Pepito, ulcérés par l’éducation de l’enfant, une famille française tout a fait normale, d’origine étrangère, une famille qui vie du RMI, de l’aide au logement et des allocations familiales. Qui s’habille au Secours catholique et se nourrit aux Restos du cœur. Ils ont bien mérité leur sort derrière les barreaux !

Un peu de démagogie ne fait pas de mal.

Toute ressemblance avec des personnages est fortuite .

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